Reflexions

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5
juin 2008
Posté dans art, litterature, poétique, Poésie par artetpeinture à 4:49 | Pas de réponses »

De la providence

Quand le vent de la crainte se met à souffler,
La réalité se met à se camoufler
Dans les réfectoires de la sainte morale
 Où le monde paraît être hanté par le mal ;

Tous les esprits semblent avoir été envoûtés
Pour être mieux exorcisés et  sauvés
Par ces docteurs de l’église, chirurgiens,
Opérant toutes les âmes égarées du bien ;

Avec des guérisons rendant certains crédule
Et des fantômes perfides qui déambulent
Derrière chacune de leurs viles pensées,
Pourchassant leurs idées jusqu’à les répudier ;

Culpabilisant la moindre de leurs envies,
Réveillant les démons dans leurs pauvres appétits,
Condamnant le moindre de leurs penchants
Comme une ombre lancinante les poursuivant

Jusqu’aux entrailles de leur défunte raison,
Comme un dernier rempart à leur malédiction,
Sous le regard sévère du tout puissant père,
Dans sa promesse des flammes de l’enfer ;

C’est face à cette terreur que le religieux
Doit lutter contre ses désirs impétueux
Et les sanctions angoissantes d’un créateur
Dépassé par son œuvre et qui en spectateur

Regarde se dérouler cette « providence »,
Que chacun appelle de ses vœux dans l’apparence,
Dont il croit apercevoir chaque jour le signe
D’une preuve qui se manifeste et le désigne ;

Porteur de la sainte et vertueuse parole
Avec ostentation et arborant l’auréole,
Porté par le souffle asthmatique du divin,
Il se sent investi du pouvoir des devins ;

Il justifie l’exaction et les bacchanales
Purifier dans l’isoloir du confessionnal :
Purgatif soignant l’hypocrisie des consciences
Dans les eaux usées, souillées par l’intolérance ;

Troublées par les gesticulations diphtériques
D’une source fangeuse devenue toxique,
Barbotant dans les remous de l’immaculé
Ayant contaminé toutes les vérités.

5
juin 2008

Hymne à la jeunesse perdue

Où est passé le temps des insouciances
Emportés par les feux de l’impatience ?
De notre quotidien fait d’inertie
Par nos convictions teintées d’apathie,

Dans l’abstention à toute opposition,
Résigné dans nos plates tentations
Par la tiédeur des envies, des plaisirs,
Refroidie dans l’ardeur de nos désirs ;

Les années ravivent ces braises éteintes,
Dans le regret d’une jeunesse emprunte
De la spontanéité innocente ;
De cette indépendance débordante

Que nous nous refusions de contenir
Sans culpabilité et repentir ;
Dans l’incontinence de nos passions,
Dans les idéaux de nos rébellions,

Fuyant les mesures et leur barrage,
Récusant tout ce qui nous tenait sage ;
Dans l’aveuglement de nos émotions,
Nous affranchissant de l’appréhension,

Livré à nos plus primaires instincts
Dans un ultime vertige sans frein,
Étourdi au frisson de l’abandon ;
Délivré de ces morales sans nom,

Dans l’ivresse de la désinvolture,
Au-delà des frontières, des censures
Où chaque aventure même délurée
Nous menait sur les chemins débridés

De l’égarement, de la délivrance ;
Griser dans le bonheur de l’inconscience
Par les utopies les plus subversives
De ces folles rêveries excessives

Où le délire était notre apanage,
Dans le détachement, sans aucun gage.

5
juin 2008
Posté dans art, litterature, poétique, Poésie par artetpeinture à 4:47 | Pas de réponses »

De la trahison

Je retiendrai le fruit qui tombe
De sa branche, pour te l’offrir
Avant même qu’il ne succombe,
Pour que tu ne le vois tarir ;

Je n’hésiterai pas à me courber
Pour recueillir tous tes défauts,
Comme autant de blés abîmés,
Dont je moissonnerai les maux ;

J’aplanirai nos différences
Et sèmerai le meilleur grain
Pour cultiver nos ressemblances
Et voir fleurir nos lendemains ;

J’apprendrai à coudre le soir
Pour rapiécer tous nos vieux rêves,
Y broder de nouveaux espoirs,
Des ailes pour que l’on s’élève ;

Je pourrai tamiser tes larmes,
Pour en rechercher les pépites
Qui rendront plus riche ton âme,
Recouvriront d’or nos limites ;

Je déterrerai des trésors
Pour que s’émerveillent tes yeux,
Pour enrichir nos désaccords
Et solder tous nos adieux ;

J’inventerai d’autres frissons
Pour vivre plus intensément
Les interdits de la raison
Autant que d’authentiques amants ;

La lune je décrocherai,
Pour ne pas troubler nos humeurs ;
Le soleil je ramènerai
Pour que l’été soit dans nos cœurs ;

Que de promesses solennelles,
D’abnégation pour se séduire,
De folies inconditionnelles
Pour se trahir et tout détruire ?

Combien d’années à se chercher,
De passions partagées, de rires,
Si peu de temps pour se quitter,
Pour s’oublier et se haïr ?

5
juin 2008
Posté dans art, litterature, poétique, Poésie par artetpeinture à 4:46 | Pas de réponses »

Chronique du couple

Combien de choses nous mutilent
Quand la vie se charge de peine,
Nous enchaine à tout ce futile
Dans nos préoccupations vaines

En nous éloignant l’un de l’autre :
De cet essentiel à portée
De nos mains tendues, qui se vautrent
Dans nos illusions avortées ;

D’une vie trop courte pour prendre
Le temps d’apprendre à partager
Et d’essayer de nous comprendre,
Dans ce qui peut nous rassembler,

Que nous aurions dû ne pas faire,
Que nous aurions pu retenir,
Qui laisse un léger goût amer,
Comme un coupable repentir ;

Trop longue quand vient la discorde
Et qu’il faut faire le déballage ;
Que tout finit et se saborde
Dans un déconcertant naufrage ;

Quand plus rien ne nous rapproche,
Que l’on ne sait plus quoi se dire,
Voir, toujours les mêmes reproches,
Sans renoncer à nous mentir ;

Combien de ces choses inutiles
Nous détourne de tous nos rêves,
Dans l’inconscience la plus vile
 Qui tout lentement nous achève ;

Dans ces promesses qui nous noient
Sous une douche des plus froides,
Lorsque la réalité croît,
Que l’espérance se dégrade

Et que le vent souffle trop fort
Sur le fruit un peu trop mature :
La nature agit sans remords,
Quand détaché, vient la rupture.

5
juin 2008

Chronique d’une mort annoncée

Comme cette plume que je plonge
Dans l’encre de mes idées noires,
L’écriture émaille mes songes
Dans le reflet terni du soir ;

Car la lumière m’abandonne
A mes dernières illusions,
Dans cette vérité qui sonne
Le glas de ma toute raison ;

De ce jour venu assombrir
Du poids de la réalité
Tout espoir en cet avenir
Qui se trouve être piétiné,

Par l’oraison d’un entretien,
Où l’émoi a anéantie
Tous mes rêves de lendemain
Dans une douleur infinie ;

Que la compassion d’autrui panse,
Que les mots raturés soulagent,
Que la solitude relance
Comme un dernier héritage,

D’une nature trop humaine,
Par une sensibilité
Qui dans sa cruauté m’enchaine
Au cynisme de ma pensée ;

Cauchemar qui hante mes nuits
En d’éternels et vieux démons ;
Il entretient mes insomnies,
Annihile ma réflexion,

Réveille la main du bourreau
Qui du haut de sa toute science
Blâme et condamne à l’échafaud
Le maladif, sans repentance.

5
juin 2008
Posté dans art, litterature, poétique, Poésie par artetpeinture à 4:43 | Pas de réponses »

Du temps

C’est une vague en mouvement perpétuel
Qui s’inscrit dans une inexorable durée,
Fixant nos vies, nos mémoires pour l’éternité
Dans nos consciences pétries dans le temporel ;

C’est la quête en l’absolue de notre esprit
Qui fige les instants en une permanence,
L’immortalise dans son besoin de constance
Pour que le souvenir ne tombe dans l’oubli ;

Il soigne nos plaies béantes et traumatisantes
Après des années en apaisant nos blessures,
Dissimulant les traces de nos flétrissures,
Fardant nos âmes meurtries et balbutiantes ;

Il fixe les limites de notre horizon
Dans le déclin de notre corps s’affaiblissant,
Dans la vision posthume de l’agonisant
Éprouvée par nos intenses années de passion ;

Il nous laisse souvent un gout d’inachevé,
De regret, dans ce que nous n’aurions pas dû dire,
De remords quand nous aurions pu nous retenir,
De désolation quand il nous en a manqué ;

Il n’a pas de durée vraiment déterminée
Mais suit le gré de nos plaisirs, de nos souffrances ;
Nous parait interminable dans l’espérance,
Brillant éphémère dans la félicité ;

Il est un point fixe ancré entre deux extrêmes
Infini, qui est le passé et le futur ;
Dualité immuable d’une mesure
Qui nous sert de repère, de dernier dilemme ;

Il est changement dans la continuité,
Ponctué par le souffle du rythme incessant,
Dans l’unité envoutante mais assurant
Comme un fil l’écoulement à perpétuité ;

Est-il une longue succession de moment
Dans un flux d’événement sans aucune trêve ?
Où tel un fleuve suit-il son cours et parachève-
T-il un dernier plongeon dans les flots du néant ?

5
juin 2008
Posté dans art, litterature, poétique, Poésie par artetpeinture à 4:42 | Pas de réponses »

Hymne à l’interdit

Que la nature reste la grande maîtresse
De nos plus belles et flamboyantes inspirations ;
Qu’elle nous emporte dans d’anonymes ivresses
Comme le parfum émoustillant des saisons ;

Qu’elle vienne couvrir et fleurir le parterre
Des chemins escarpés de nos émotions ;
Qu’elle enrichisse de couleur l’âme et notre chair
Jusqu’aux confins de notre imagination ;

Qu’elle devienne source d’apaisement,
Dans la  peur  licencieuse de nos évasions,
Dans la soif inassouvie, folâtre, enfantant
La plus exacerbée de nos exaltations ;

Dans cette passion qui se rit des limites,
Dans ce jardin fertile où le fruit censuré
Nous abandonne à la jouissance fortuite
De nos fantasmatiques désirs refoulés ;

Qu’elle nous donne les clefs pour enfin libérer
Nos cœurs captifs de toutes nos inhibitions ;
Dans la frénésie de nos instincts recouvrés,
Dans la blanche innocence de l’excitation ;

Qu’elle nous donne accès à la sublimation,
L’antre de nos pulsions affectives inconscientes
Pour arriver à cet état de perfection
Où l’interdit n’est plus une action déviante.

5
juin 2008
Posté dans art, litterature, poétique, Poésie par artetpeinture à 4:41 | Pas de réponses »

Insomnie

Comme une eau souillée d’encre noire,
Le crépuscule m’envahit
Dans le silence de la nuit,
Dans ce nocturne provisoire ;

La lumière s’est évanouie
Dans les confins de ma mémoire
Comme dans un dernier couloir,
Sans aucune issue de sortie ;

L’obscurité est mon refuge
Où je m’octroie certaines trêves
Dans les abandons qui m’achèvent,
Dans tous ces tourments qui m’insurge ;

Je ne peux décrocher de rêve
Sans hériter de cauchemar
Dans le songe de l’exutoire
Somnolent au jour qui se lève ;

Je ne trouve point de repos
Dans mon anéantissement
 Que représente ce néant,
Aux frontières de mon tombeau ;

Je refuse tous les caprices
De mon esprit impétueux,
Balayant le carcan des cieux
Dans ses oniriques artifices ;

C’est dans la plainte de mon âme
Devenu au soir noctambule,
Que ma conscience déambule
Dans l’impasse de mes fantasmes ;

L’insomnie est ma réflexion,
Un dortoir pour tout éveillé
Lucide, qui ne peut sommeiller
Sans la lueur de la raison.

5
juin 2008
Posté dans art, litterature, poétique, Poésie par artetpeinture à 4:40 | Pas de réponses »

Novembre

Le souvenir me revient de tes yeux
Dans ce corps fébrile et moitié transi,
Épuisé de combats infructueux,
Pétris de solitude et d’incompris ;

Ils voulaient continuer à briller
Non de ces anciens pleurs résiduels,
Mais de ce souhait embryonnaire, né
De ce rendez vous non contractuel ;

Ils essayaient d’exprimer l’indicible
Que ton regard voulait ne pas trahir
Pour ne pas redevenir une cible
Sans être certaine d’y consentir ;

En cette brumeuse nuit de novembre
Où nous recherchions sans trop y croire
Dans les débris de nos deux vies en cendre,
Les restes pour de futures victoires ;

Dans tes yeux que de pages déchirées,
De feuilles froissées, désespérément
Blanches immaculées, pas même ébauchées,
Laissant la place à un dernier serment ;

Oui, j’ai voulu y inscrire une ligne
Comme un dernier chemin à vouloir suivre
Où les mots s’inscriraient comme le signe
D’un espoir que l’on se devait de vivre.

5
juin 2008

De la naissance de l’humilité

Nous naissons dans la douleur et dans de sourds pleurs,
Face à un monde que nous ne pouvons comprendre,
Dont nous sentons déjà qu’il nous faudra apprendre
A nous habituer aux affres du malheur ;

Dénudé que deviendrai-je sans le secours
Maternel de cette humanité assistante
Sans laquelle ma vie deviendrait chancelante
Et s’arrêterait dans un court compte à rebours ;

Dans la plainte de mes appels, j’accède au sein
Nourricier qui assouvi pour quelque temps
Ma soif de grandeur, mon devenir larmoyant,
Quand, dans la solitude mes cris restent vains ;

Après ma victoire sur le monde utérin
Me voilà exposé à toutes les souffrances
Avec comme unique recours, mon impuissance
A me battre contre les vents adultérins ;

La moindre absence me condamne à l’anxiété
De l’abandon, dans ma raison crépusculaire
Où mes sens deviennent mon véritable calvaire
Dans le néant de ma pensée aseptisée ;

Je me trouve dans un état de dépendance
Et suis une proie rêvée pour un prédateur :
Dans la blancheur éclatante de ma candeur,
Dans toute ma virginale et pure innocence ;

La vulnérabilité nous rend inférieurs
Dans notre estime, jusqu’à choisir d’avorter
En nous destinant à vivre traumatisés
Par cet enfantement quelque peu castrateur ;

Cette infirmité dont nous place la nature
Aurait pu servir l’homme à plus d’humilité,
Mais sa quête de gloire et de cupidité
L’on fait préférer en ce monde la souillure.

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