Reflexions

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De ma tragédie ?

De ma tragédie ?

Arriverais-je un jour à me mettre à prier
Pour que comme tous, mes vœux puissent s’exaucer :
Que j’exempte de maux mes préférés amis,
Que je charge de maladies mes ennemis,

Que mon avenir se dessine dans les cieux
Apaisant toutes mes craintes et mon cœur anxieux ?
Dans la faiblesse et dans le découragement,
Entendrais-je les voix du soutien quand je sens

Dans la solitude naître le désespoir,
Dans un ciel bleu rempli de ces nuages noirs
Qui nous empêche d’apercevoir le soleil ?
Dans les nuits fiévreuses, agitées par le réveil,

Continuerais-je à nourrir tous mes cauchemars,
D’une vie nébuleuse et qui aussi m’égare,
De ce temps qui passe et qui fuit cet essentiel,
Dispersant mes qualités, tout mon potentiel ?

Eviterais-je ces chemins qui me condamnent,
Si je ne peux contourner les idées insanes
Et ce tourment, qu’est la tentation, anémiée
Par la privation et les désirs refoulés :

Du renoncement à tous les plaisirs faciles,
Aux jouissances terrestres qui rendent futiles,
Pour enfin mériter les couronnes de fleurs
D’outre-tombe, inhumant à  jamais ma douleur ?

Pourrais-je moi aussi redevenir crédule,
Comme ces enfants en détressent qui simulent,
Pour m’octroyer un peu plus de miséricorde
Auprès de tous ces fidèles qui ne s’accordent

Que pour désigner ensemble les adversaires,
Qui n’ont pas recours comme eux aux mêmes prières,
Qui ont même inventé d’autres Dieux que le nôtre
Et qui se fiche pas mal de tous nos apôtres ?

Dois-je moi aussi mordre la poussière et feindre
Une souffrance inique sans jamais me plaindre,
Pour espérer et  mériter les récompenses
Qui fleurissent au jardin de leurs intolérances,

Que tous les croyants cultivent et récoltent à l’ombre
Des ruines en cendre, dans les restes des décombres
Oubliées, sur lesquelles s’édifient leurs églises,
Dans la froideur de leurs âmes devenues grises ?

Puis-je moi aussi laver ma conscience à l’eau
 En conservant tout mon honneur et boire au seau
Qui sert à chacun à se récurer l’esprit,
En restant propre même dans l’ignominie,

Venu jeter l’opprobre sur une raison
Aliénée dans la plus sordide des actions ?
Pourrais-je m’endormir après m’être renié
Et  condescendre à toute cette ébriété,

Affirmant de fausses vérités canoniques,
Sans en n’éprouver aucun vertige émétique ?
Je veux rester sincère et fidèle à moi même,
Les pieds dans la source fangeuse du baptême,

En renonçant d’essayer de me nettoyer
Des odeurs pestilentielles de mes péchés ?


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