Reflexions

Bienvenue sur mon blog

Archive pour la catégorie 'poétique'


Chronique du couple

5 juin, 2008
art, litterature, poétique, Poésie | Pas de réponses »

Chronique du couple

Combien de choses nous mutilent
Quand la vie se charge de peine,
Nous enchaine à tout ce futile
Dans nos préoccupations vaines

En nous éloignant l’un de l’autre :
De cet essentiel à portée
De nos mains tendues, qui se vautrent
Dans nos illusions avortées ;

D’une vie trop courte pour prendre
Le temps d’apprendre à partager
Et d’essayer de nous comprendre,
Dans ce qui peut nous rassembler,

Que nous aurions dû ne pas faire,
Que nous aurions pu retenir,
Qui laisse un léger goût amer,
Comme un coupable repentir ;

Trop longue quand vient la discorde
Et qu’il faut faire le déballage ;
Que tout finit et se saborde
Dans un déconcertant naufrage ;

Quand plus rien ne nous rapproche,
Que l’on ne sait plus quoi se dire,
Voir, toujours les mêmes reproches,
Sans renoncer à nous mentir ;

Combien de ces choses inutiles
Nous détourne de tous nos rêves,
Dans l’inconscience la plus vile
 Qui tout lentement nous achève ;

Dans ces promesses qui nous noient
Sous une douche des plus froides,
Lorsque la réalité croît,
Que l’espérance se dégrade

Et que le vent souffle trop fort
Sur le fruit un peu trop mature :
La nature agit sans remords,
Quand détaché, vient la rupture.

Chronique d’une mort annoncée

5 juin, 2008
art, litterature, poétique, Poésie | Pas de réponses »

Chronique d’une mort annoncée

Comme cette plume que je plonge
Dans l’encre de mes idées noires,
L’écriture émaille mes songes
Dans le reflet terni du soir ;

Car la lumière m’abandonne
A mes dernières illusions,
Dans cette vérité qui sonne
Le glas de ma toute raison ;

De ce jour venu assombrir
Du poids de la réalité
Tout espoir en cet avenir
Qui se trouve être piétiné,

Par l’oraison d’un entretien,
Où l’émoi a anéantie
Tous mes rêves de lendemain
Dans une douleur infinie ;

Que la compassion d’autrui panse,
Que les mots raturés soulagent,
Que la solitude relance
Comme un dernier héritage,

D’une nature trop humaine,
Par une sensibilité
Qui dans sa cruauté m’enchaine
Au cynisme de ma pensée ;

Cauchemar qui hante mes nuits
En d’éternels et vieux démons ;
Il entretient mes insomnies,
Annihile ma réflexion,

Réveille la main du bourreau
Qui du haut de sa toute science
Blâme et condamne à l’échafaud
Le maladif, sans repentance.

Du temps

5 juin, 2008
art, litterature, poétique, Poésie | Pas de réponses »

Du temps

C’est une vague en mouvement perpétuel
Qui s’inscrit dans une inexorable durée,
Fixant nos vies, nos mémoires pour l’éternité
Dans nos consciences pétries dans le temporel ;

C’est la quête en l’absolue de notre esprit
Qui fige les instants en une permanence,
L’immortalise dans son besoin de constance
Pour que le souvenir ne tombe dans l’oubli ;

Il soigne nos plaies béantes et traumatisantes
Après des années en apaisant nos blessures,
Dissimulant les traces de nos flétrissures,
Fardant nos âmes meurtries et balbutiantes ;

Il fixe les limites de notre horizon
Dans le déclin de notre corps s’affaiblissant,
Dans la vision posthume de l’agonisant
Éprouvée par nos intenses années de passion ;

Il nous laisse souvent un gout d’inachevé,
De regret, dans ce que nous n’aurions pas dû dire,
De remords quand nous aurions pu nous retenir,
De désolation quand il nous en a manqué ;

Il n’a pas de durée vraiment déterminée
Mais suit le gré de nos plaisirs, de nos souffrances ;
Nous parait interminable dans l’espérance,
Brillant éphémère dans la félicité ;

Il est un point fixe ancré entre deux extrêmes
Infini, qui est le passé et le futur ;
Dualité immuable d’une mesure
Qui nous sert de repère, de dernier dilemme ;

Il est changement dans la continuité,
Ponctué par le souffle du rythme incessant,
Dans l’unité envoutante mais assurant
Comme un fil l’écoulement à perpétuité ;

Est-il une longue succession de moment
Dans un flux d’événement sans aucune trêve ?
Où tel un fleuve suit-il son cours et parachève-
T-il un dernier plongeon dans les flots du néant ?

Hymne à l’interdit

5 juin, 2008
art, litterature, poétique, Poésie | Pas de réponses »

Hymne à l’interdit

Que la nature reste la grande maîtresse
De nos plus belles et flamboyantes inspirations ;
Qu’elle nous emporte dans d’anonymes ivresses
Comme le parfum émoustillant des saisons ;

Qu’elle vienne couvrir et fleurir le parterre
Des chemins escarpés de nos émotions ;
Qu’elle enrichisse de couleur l’âme et notre chair
Jusqu’aux confins de notre imagination ;

Qu’elle devienne source d’apaisement,
Dans la  peur  licencieuse de nos évasions,
Dans la soif inassouvie, folâtre, enfantant
La plus exacerbée de nos exaltations ;

Dans cette passion qui se rit des limites,
Dans ce jardin fertile où le fruit censuré
Nous abandonne à la jouissance fortuite
De nos fantasmatiques désirs refoulés ;

Qu’elle nous donne les clefs pour enfin libérer
Nos cœurs captifs de toutes nos inhibitions ;
Dans la frénésie de nos instincts recouvrés,
Dans la blanche innocence de l’excitation ;

Qu’elle nous donne accès à la sublimation,
L’antre de nos pulsions affectives inconscientes
Pour arriver à cet état de perfection
Où l’interdit n’est plus une action déviante.

Insomnies

5 juin, 2008
art, litterature, poétique, Poésie | Pas de réponses »

Insomnie

Comme une eau souillée d’encre noire,
Le crépuscule m’envahit
Dans le silence de la nuit,
Dans ce nocturne provisoire ;

La lumière s’est évanouie
Dans les confins de ma mémoire
Comme dans un dernier couloir,
Sans aucune issue de sortie ;

L’obscurité est mon refuge
Où je m’octroie certaines trêves
Dans les abandons qui m’achèvent,
Dans tous ces tourments qui m’insurge ;

Je ne peux décrocher de rêve
Sans hériter de cauchemar
Dans le songe de l’exutoire
Somnolent au jour qui se lève ;

Je ne trouve point de repos
Dans mon anéantissement
 Que représente ce néant,
Aux frontières de mon tombeau ;

Je refuse tous les caprices
De mon esprit impétueux,
Balayant le carcan des cieux
Dans ses oniriques artifices ;

C’est dans la plainte de mon âme
Devenu au soir noctambule,
Que ma conscience déambule
Dans l’impasse de mes fantasmes ;

L’insomnie est ma réflexion,
Un dortoir pour tout éveillé
Lucide, qui ne peut sommeiller
Sans la lueur de la raison.

Novembre

5 juin, 2008
art, litterature, poétique, Poésie | Pas de réponses »

Novembre

Le souvenir me revient de tes yeux
Dans ce corps fébrile et moitié transi,
Épuisé de combats infructueux,
Pétris de solitude et d’incompris ;

Ils voulaient continuer à briller
Non de ces anciens pleurs résiduels,
Mais de ce souhait embryonnaire, né
De ce rendez vous non contractuel ;

Ils essayaient d’exprimer l’indicible
Que ton regard voulait ne pas trahir
Pour ne pas redevenir une cible
Sans être certaine d’y consentir ;

En cette brumeuse nuit de novembre
Où nous recherchions sans trop y croire
Dans les débris de nos deux vies en cendre,
Les restes pour de futures victoires ;

Dans tes yeux que de pages déchirées,
De feuilles froissées, désespérément
Blanches immaculées, pas même ébauchées,
Laissant la place à un dernier serment ;

Oui, j’ai voulu y inscrire une ligne
Comme un dernier chemin à vouloir suivre
Où les mots s’inscriraient comme le signe
D’un espoir que l’on se devait de vivre.

De la naissance de l’humilité

5 juin, 2008
art, litterature, poétique, Poésie | Pas de réponses »

De la naissance de l’humilité

Nous naissons dans la douleur et dans de sourds pleurs,
Face à un monde que nous ne pouvons comprendre,
Dont nous sentons déjà qu’il nous faudra apprendre
A nous habituer aux affres du malheur ;

Dénudé que deviendrai-je sans le secours
Maternel de cette humanité assistante
Sans laquelle ma vie deviendrait chancelante
Et s’arrêterait dans un court compte à rebours ;

Dans la plainte de mes appels, j’accède au sein
Nourricier qui assouvi pour quelque temps
Ma soif de grandeur, mon devenir larmoyant,
Quand, dans la solitude mes cris restent vains ;

Après ma victoire sur le monde utérin
Me voilà exposé à toutes les souffrances
Avec comme unique recours, mon impuissance
A me battre contre les vents adultérins ;

La moindre absence me condamne à l’anxiété
De l’abandon, dans ma raison crépusculaire
Où mes sens deviennent mon véritable calvaire
Dans le néant de ma pensée aseptisée ;

Je me trouve dans un état de dépendance
Et suis une proie rêvée pour un prédateur :
Dans la blancheur éclatante de ma candeur,
Dans toute ma virginale et pure innocence ;

La vulnérabilité nous rend inférieurs
Dans notre estime, jusqu’à choisir d’avorter
En nous destinant à vivre traumatisés
Par cet enfantement quelque peu castrateur ;

Cette infirmité dont nous place la nature
Aurait pu servir l’homme à plus d’humilité,
Mais sa quête de gloire et de cupidité
L’on fait préférer en ce monde la souillure.

De ma vie pas très claire

5 juin, 2008
art, litterature, poétique, Poésie | Pas de réponses »

De ma vie pas très claire

J’ai dû me fuir pour essayer de plaire,
A ceux qui m’entourent, mais pas à moi ;
De cette couleur de peau pas très claire
Je devrais faire avec, sans autre choix ;

J’ai dû apprendre à m’oublier en vain
Car mon histoire se reflète aux yeux
De tous ceux qui ont changé mon destin,
Pour une autre vie, pour d’autres Dieux ;

Je ne me reconnais plus dans l’image
Dans laquelle la société m’enferme
A la perpétuité à rester sage,
Sans que je puisse être vraiment moi-même ;

Je suis victime de tous ces clichés
Qui me voue au devoir de me mentir
Et à refuser cette hérédité,
Si je veux éviter le repentir ;

Je suis devenu une ressemblance
Autant que je me devais d’apparaitre,
Qui devait tirer profit de sa chance,
Reniant une partie de son être ;

Quoi de plus terrible que ressembler
A tous ceux qui me désignent coupable
D’origine, de lien de parenté
Qui jamais feront de moi leur semblable ;

Je me sens un peu comme en errance,
Considéré comme un vrai paria,
Pourvu de toutes les insuffisances,
Sans identité, comme un renégat ;

Je me suis inventé toutes ces îles
Pour ne plus avoir à me justifier,
Pour que je n’aie plus à paraître vil,
Désespéré, de tant les imiter ;

Je ne suis plus que cette espèce d’ombre
Inquiet de voir le soleil qui se lève
Pour mesurer toute la partie sombre
Qui me pénètre comme avec un glaive :

J’attends que la nuit tombe pour qu’enfin
Tous ces regards n’aient plus à me juger
Dans cette partie de moi qui s’éteint,
Dans la foi que je leur avais portée ;

Quoi de plus angoissant que de se dire,
Que l’on m’aime pour ce que je n’suis pas,
Qu’il faut combattre pour entretenir
Cette idée et voir plus certaines fois.

Je vis dans la peur d’être reconnu,
De me retrouver comme un exilé
Rejeté et complètement exclu,
Une sorte d’apatride, réfugié ;

Comment peut-on espérer se construire
Et grandir dans ces contradictions
Qui vise à essayer de me détruire
Dans une tacite approbation ;

Combien de rôles dois-je m’inventer
Pour que je continue à exister
En gardant la conviction d’être aimé
Pour ce que je suis, sans toujours tricher ?

De l’état amoureux

5 juin, 2008
art, litterature, poétique, Poésie | Pas de réponses »

De l’état amoureux

Dans ce besoin de nous sentir aimés,
Nous créons un monde hallucinatoire
Où nos désirs sont des réalités
Où les qualités deviennent illusoires ;

Nous occultons toutes les dissemblances
Qui mettrait trop à mal notre dessein
En inventant de vagues ressemblances
D’affinités, avortées au matin ;

De ce mari aimant et protecteur
A ce jaloux devenu étouffant,
De celui qui courageux et sans peur
Fini par être intrépide, inconscient ;

De l’économe soucieux de gérer
 A l’avare inquiet pour ses placements ;
Du sage prudent, plein de sûreté
A l’introverti anxieux et méfiant ;

De l’envie de l’ordre et du rangement
 Au maniaque obsessionnel compulsif ;
De celui qui aime occuper son temps
A celui qu’on taxe d’hyperactif,

Il n’y a rien que l’exagération
D’un sentiment qui tient de la folie,
Qui nous fait passer de l’exaltation
Rêveuse, aux cauchemars de la nuit ;

Ce peut-il que chacun se trompe,
Que le juger soit à ce point faussé,
Que toutes les aspérités s’estompent
Dans cet impérieux besoin d’aimer?

L’amour nous oblige à fermer les yeux
Là où la haine nous les fait ouvrir ;
Le premier nous enivre jusqu’aux cieux,
La seconde éclaire le pire à venir ;

L’amoureux s’apparente au psychotique
Dans sa fabulation du réel ;
L’amour relève du pathologique
Dans les comportements et les séquelles.

De ta vie qui s’en va

5 juin, 2008
art, litterature, poétique, Poésie | Pas de réponses »

De ta vie qui s’en va

Comme une bouteille à la mer,
Tu t’éloignes de ces rivages
Où tu as survécu, naguère,
Estropiée, seule en ton naufrage ;

Ballotté par les flots mouvants
De la vie, tu veux échapper
Lentement poussé par le vent
Aux écueils et te reposer ;

Comme une prière d’adieux,
Les vagues houleuses de l’ennui,
Plaintives en regardant les cieux
Écument tes dernières envies ;

La tempête est venue se rompre
Sur le récif de ta raison,
Comme un bateau ivre dans l’ombre
Moribonde de tes passions ;

L’horizon n’est plus qu’illusion
Dans cette nuit au phare éteint
Où tu n’aperçois que le fond
D’un destin qui ne t’appartient ;

Tu préférerais te noyer
Que nager à contre-courant
En attendant qu’une marée
Emporte ton corps chancelant ;

Comparable à une sirène,
Tu nous captives de ton chant
Pour apprivoiser notre peine
Dans un sourire attendrissant;

Comme une bouteille à la mer,
Tu gardes avec toi tes souhaits
Qui, un jour s’échouant sur terre
Livreront enfin leurs secrets.

1...34567

Peintures de Catherine Karrer |
Alain Delogne |
IZART E... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 1KAZOU, EXPOSE...
| odyl
| jguytext