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Archive pour la catégorie 'poétique'


Terre marécageuse

7 septembre, 2008
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Terre marécageuse

Ô toi ! Terre marécageuse,
Nul ne s’approche impunément
De ton immensité fangeuse,
Sans sombrer dans l’envasement ;

Fontaine terreuse, insondable
Lie de l’amertume, breuvage
Sacré devenu imbuvable
Pour des coeurs exempts de cépage ;

Sédiment de l’ostentation
Que ces paroles qui s’enlisent
Dans d’obséquieuses séductions
Que la perfidie divinise ;

Que de promesses restées vaines
Dans les marais propice aux fièvres
Fallacieuses, comme une aubaine
Pour des serments devenus mièvres ;

Mare abyssale et croupissante :
Dans tes évasifs sentiments
Ta fidèlité est troublante
De sablonneux engagements ;

Vertu à jamais empêtré
En ces fonds mouvants qui égard
L’intègre restée embourbé
De moralité en retard ;

Action maculée de souillure,
Dans les eaux boueuses et captieuses :
Subrepticement tu rassures
Dans ta liturgie insidieuse ;

Ondes où se mirent les roseaux
Se courbant malgré leur raideur
Comme s’ils portaient leur fardeau
Au désespoir des saules en pleurs.

De l’indécent courage

12 août, 2008
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De l’indécent courage

 Triste et pitoyable spectacle
Que nous offre le sursitaire :
Dans le déni de sa débâcle
Se démenant pour rester fière ;

Au comble de l’humiliation
Son attachement à la vie
Et cette indécente obsession
Pour rester quelqu’en soit le prix ;

S’inventant un dernier combat
Dans une lutte sans issue
Dont il nie tous les résultats,
Ne voulant s’avouer vaincu ;

Pareil au taureau dans l’arène,
Il veut apparaitre sans peur
Dans une ultime mise en scène
Où il périra en vainqueur ;

Expression vaine d’un orgueil
Pris de vertige face à l’abîme,
Sursaut du moribond au seuil
Du trépas s’accrochant aux cimes ;

La bravoure n’est-elle pas
Face à la mort de lui sourire ?
La dignité n’est-elle pas :
Se résigner sans s’accroupir ?

Que d’agitation convulsive
Ont été prise pour du courage,
Que de résolution passive
Ont terni les plus belles images ;

Quel pleutre acharnement pour vivre
Dans la lâcheté inavouée,
D’un vaniteux qui veut poursuivre
Son rêve d’immortalité.

De la morale

12 août, 2008
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De la morale

Ô morale ! Parfum de vertu,
 Effluve de bromure flétri :
Dans le jardin de mes envies
Le  fruit tu me l’as défendu ;

Tu es l’universalité
Des accords, l’unisson des cœurs ;
Concorde abusée par les leurres
Et les jeux de la fausseté ;

Âme de l’apôtre arbitraire
En chaque conscience où tu sièges
Tu réinventes les arpèges
Du remords en un chant amer ;

Tu nous fais baisser le regard
En nous imposant ta censure
Sur les beautés de la nature :
Dans l’interdit de l’avatar ;

Chantre des psaumes du devoir,
Carcan de l’asservissement
Justifiant tous les châtiments :
Dans le sacrifice expiatoire ;

Dogme érigeant les échafauds
Tu es l’alibi de nos crimes,
Tu amnisties et tu réprimes
Au gré de l’humeur des drapeaux ;

 Tu es garde fou, ce surmoi
Qui scrute toutes nos actions
En refoulant l’approbation
 Dans l’inhibition de l’émoi ;

Vérité dans les intérêts
Des uns, instrument du malheur
Quand tu achètes le bonheur
Des autres, en fossoyeur du vrai.

De nos vaines chimères

11 août, 2008
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De nos vaines chimères

La fragilité de leur mince embarcation
Ne les a pas fait renoncer à leur espoir
De lever l’ancre pour assouvir leur passion
À contre-courant des vagues pour ne pas choir ;

Affrontant sur leur frêle et périlleux esquif
Les vents tempétueux qui tourmentent les mers,
Leur cœur a vaincu la houle des flots rétifs,
Briser au rocher de leurs rêves les plus chers ;

Les voiles enflées au souffle du destin souriant,
Guidés par les phares célestes tout étoilés
Leur a évité les écueils des jeunes amants
Grisés par ce tapis d’océan argenté ;

Que cherchent-ils par delà l’horizon marin
Ces heureux ? Se noyer dans l’oubli des mortels ?
Fuir ces marées chargées d’écume de chagrin
Et rescapés se languir sur leur archipel ?

Rebelle aux sirènes venant les secourir,
Seul leur folle fantasmagorie façonna
La plus petite de leurs îles en un empire,
Le fracas des lames en un balai d’opéra ;

Les récifs sont leur dernière terre d’asile
Pour ces naufragés perdus venus se jeter
Sur les rivages, comme un ultime fossile,
En leur vaine chimère à jamais échouée.

Connais-toi toi-même…

17 juillet, 2008
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Connais-toi toi-même…

Connais-toi toi-même et jamais plus Dieu
 Dans ses espérances tu n’attendras,
L’au-delà jamais plus tu ne croiras
Et les cieux éthérés tu ne craindras ;

Connais-toi toi-même et alors les anges
Déchus en eux tu te reconnaitras,
La foi jamais tu ne réclameras :
Étrangère la piété te sera ;

Connais-toi toi-même et alors tes rêves
Les vivre le jour tu réclameras ;
Les peurs, les craintes tu affronteras :
De trêve dans la lutte tu n’auras ;

Connais-toi toi-même et alors la vie
Ton image reflétée tu verras ;
En toi ton temple tu te construiras :
Le paradis la terre deviendra.

 

De l’illusion

10 juin, 2008
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De l’illusion

Ô toi, fossoyeur de mémoire
Défunte à jamais mystifiée :
Ta lueur les a fourvoyées
Dans de chimériques histoires ;

Travesties par les fantaisies
De leurs souvenirs en déclin,
Sertie de fragments de destin
Relégué au flou de l’oubli ;

Il n’est rien de plus confortable
Que le parfum de ces mirages
Que tout un chacun s’aménage
Pour faciliter l’acceptable ;

Âme faible que tout épuise,
Repus de vérités partielles,
Le refrain émanant du ciel
Te berce aux fables bien apprises ;

Elle nourrit tes jugements
En soulageant la réflexion,
Entretiens tes folles opinions
Dans la douce ferveur des chants ;

Effluve enivrant de senteur
Aux vertus des plus apaisantes,
D’utopies vaines et arrangeantes :
Parodie voilée de bonheur.

 

Hymne au noir

5 juin, 2008
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Hymne au noir

Ô toi, grand initiateur de la nuit :
Combien ton crépuscule m’a séduit ?
Maitre des profondeurs et des ténèbres
Tu es l’éternelle pensée funèbre ;

Fille des astres que tu embellis
Dans l’infini devenu ton pays,
Tu invites tous les regards inquiets
Au déclin du jour et à ses secrets ;

Tu es mon seul refuge, ma pénombre
Nocturne où se réincarne mon ombre
Défunte incarnant les peines endeuillées
Dans la noirceur du soir incinéré ;

Tu es mon héros, mon inspirateur,
Un écho qui nous tombe des hauteurs
Et qui pénétrant le fond des abîmes
Élève l’âme dans les creux de l’intime ;

Tu m’évites ces éclairages absurdes
Que l’on rencontre sur les latitudes
D’un monde aveuglé par les artifices
Luisants, d’une réalité factice ;

Tu es mon étoile sur les chemins
 Constellés, l’énigme de ces lointains
Aux arcanes noirâtre de  l’occulte,
Au silence éloigné de tout tumulte ;

Tu es cette obscurité matricielle,
Un Dieu en ce néant originel
Dans l’atmosphère noircie du céleste
Encensant mes rêves les plus funestes ;

Tu es cette étendue existentielle,
L’uniformité formant l’essentiel
D’un univers noir absent de couleur :
Arc en ciel du contraste et des valeurs ;

Tu nais de la trinité des mélanges
Élémentaire, avènement étrange
D’une fusion gommant les différences :
Ce trait de l’union sans condoléances ;

Tu es l’équilibre dans la rupture
De ces tons primaires à qui tu assures
La tonalité et leur caractère :
Sacrifié aux premières lumières.

Hymne à la liberté

5 juin, 2008
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Hymne à la liberté

La faculté de sentir, d’éprouver, de jouir
Nous assujetti à la sensibilité,
Nous pousse au contentement de tous nos désirs
Dans des plaisirs affligeants de servilité ;

Cette quête effrénée vers la satisfaction
Nous condamne à perpétuité à l’addiction,
Nous enferme dans les méandres de l’envie
Subalterne, infériorisant nos appétits ;

Elle se nourrit du leurre de nos habitudes
Dans les simulacres de nos belles attitudes,
Qui en feignant d’être, finit en une doublure
Pitoyable, nous asservissent de censures ;

Nos sentiments nous poussent à aimer, à haïr
Tétanisant nos cœurs ; loin de nous anoblir
Ils nous avilissent inhumant le rationnel
Sur l’autel de l’hégémonie passionnelle ;

Nous sommes l’instrument de nos émotions,
Sujet à la vilénie de nos tentations
Avec ces intérêts cupides et compulsifs
Tourmentant nos esprits devenus régressifs ;

Nous sommes le jouet pulsionnel des instincts
Capricieux et despotes réglant nos destins
En nous liant au fer de l’affectivité,
Agenouillés à nos impérieux préjugés ;

Sauvons la vérité du joug des dépendances
Subordonnées, résolvons nos ambivalences
Et affranchissons-nous du carcan de l’ivraie
Dans l’ascension au bonheur, aux cimes du vrai ;

Le beau nous élève jusqu’à la connaissance
Cultivant le grain en défrichant l’ignorance
Des limites oppressives de la servitude
Innée, jusqu’à l’acquis de la béatitude ;

La volonté est fruit laborieux du travail,
Dont les victoires sont de pacifiques batailles,
Des luttes pour que triomphe l’intelligence
Contre l’empire et la duplicité des sens ;

C’est ce dur combat fratricide entre raisons
Et subjectivité, cette dualité
Schizophrène, la dernière des cloisons
Entre le primitif et le civilisé.

Du jour qui décline

5 juin, 2008
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Du jour qui décline

Derrière ce jour qui s’étiole et tombe,
Je vois se profiler au loin ces tombes
Qui tout en disparaissant dans les ombres
Ravivent mes cauchemars les plus sombres ;

La nuit se répand comme une encre noire
Maculant mon linceul d’un désespoir
Funeste annonçant un prochain néant
Sous un ciel ténébreux et déclinant ;

Une dernière lueur adultère
M’égare et me trompe sur mes repères ;
L’obscure noirceur et ma seule empreinte
Qui me rappelle mes vaines joies défuntes ;

Les rêves m’emportent jusqu’au trépas
Sans jamais me laisser voir l’au-delà ;
L’insomnie réveille mes vieux oublis
Me faisant craindre les prochains minuits ;

Le silence est mon dernier compagnon
Qui me grise aux sons de mes évasions,
Aux chants des étoiles qui apparaissent
Portées par des vérités en détresses ;
 
Le monde s’est endormi avec mes craintes
Insouciant à ces lumières éteintes
Qui ne brille plus que par cette absence
Crépusculaire, glas d’une existence.

De l’amputation

5 juin, 2008
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De l’amputation

Quand la douleur nous fait atteindre les sommets
De l’intolérable dans un abyssal vide,
La solitude nous flagelle et se parfait
Dans une souffrance vengeresse et aride ;

La cruauté nous a désigné comme proie :
Son hégémonie et des plus tentaculaires,
Insidieuse et sans aucune forme d’émoi,
Elle étend son emprise des plus délétère ;

C’est une vraie chute dans la désespérance,
Un ultime plongeon dans les flots du reflux
De notre esprit à jamais noyé dans l’errance
D’un supplice subi au seuil de l’absolu ;

C’est une lutte sans merci contre nous-mêmes,
Une de ces désescalades intérieures
Aux confins des frontières, sans stratagème,
Les plus reculées de toutes nos vieilles peurs ;

Dans l’ivresse sevrée au comble des vertiges,
Nos plaies se gangrènent sur de vieilles blessures
Purulentes enfouies dans ces oublieux vestiges
Qu’offre le souvenir plaintif de nos morsures ;

C’est dans les profondeurs de notre âme haletante,
Que les ténèbres prennent forme et concrétisent
L’écho de ces lamentations assourdissantes
Où plus rien, pas même le temps ne cautérise ;

Chaque jour prolonge, accentue l’insupportable,
Titubant dans une pensée confusionnelle,
Tourmentée par une conscience inconsolable,
Nous sacrifiant sur l’autel de l’émotionnel ;

C’est dans ce funeste et cynique cauchemar,
Que notre cœur palpite aux rythmes larmoyants
De nos sentiments qui nous pousse au corbillard,
Dans un chagrin éternel en nous amputant.

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